Dans un contexte social marqué par des attentes fortes autour des conditions de travail, du dialogue en entreprise et de la prévention des risques, le rôle des élus du CSE reste central. Encore faut-il qu’ils disposent des bons repères juridiques et pratiques pour exercer pleinement leurs missions.
Stéphane Gély, fondateur et gérant de FormationsCSE.com, organisme de formation du groupe Aventum dédié aux élus du Comité Social et Économique, revient sur les enjeux actuels de la formation CSE, les difficultés rencontrées sur le terrain et les bonnes pratiques à adopter.
Mot-Tech : Quel est votre métier et votre public ?
Stéphane Gély : FormationsCSE.com est un organisme de formation du groupe Aventum, dédié aux élus du Comité Social et Économique. Nous proposons l’ensemble des formations obligatoires prévues par le Code du travail : formation en santé, sécurité et conditions de travail (SSCT), formation économique, formation du référent harcèlement sexuel et agissements sexistes.
Nos formations sont animées par des juristes spécialisés en droit social, praticiens du terrain, qui connaissent les réalités concrètes des élus. Aventum est un organisme agrée par la DREETS et certifié Qualiopi, ce qui garantit à nos stagiaires un niveau d’exigence pédagogique reconnu par l’État.
MT : Quelles problématiques vous semblent les plus épineuses pour vos clients ?
SG : Nous observons deux grandes difficultés récurrentes chez les élus que nous formons.
La première, c’est la méconnaissance des règles de fonctionnement des institutions représentatives du personnel. Dans de nombreuses entreprises, PME comme grandes structures, ni les équipes RH ni les représentants du personnel ne maîtrisent véritablement le cadre juridique applicable au CSE. Cette lacune génère des tensions inutiles, des erreurs de procédure et, in fine, des risques juridiques pour l’entreprise comme pour les élus.
La seconde problématique concerne les procédures sensibles, notamment les licenciements économiques. Dans ce cadre, les élus ont un rôle précis à jouer : ils sont informés et consultés sur les motifs économiques, les critères d’ordre et le plan de sauvegarde de l’emploi. Faute de formation, ils découvrent souvent leurs droits trop tard, une fois certains délais expirés. C’est là que notre travail en amont prend tout son sens.
MT : Quels conseils de bonne pratique donneriez-vous aux élus de CSE ?
SG : Notre premier conseil : ne réduisez pas le rôle du CSE aux activités sociales et culturelles. Les élus sont des acteurs centraux de la prévention des risques professionnels, de la santé au travail et de la gestion de situations critiques (accident grave, inaptitude, restructuration). Se former pour appréhender l’ensemble de ces missions n’est pas un luxe, c’est une nécessité.
Notre second conseil porte sur le choix de l’organisme de formation et du formateur. Avec la suppression des agréments obligatoires, n’importe qui peut proposer des formations CSE. Certains prestataires font appel à des formateurs sans véritable expertise juridique ni expérience du terrain. Avant de vous engager, demandez systématiquement le CV du formateur et vérifiez la certification Qualiopi de l’organisme. L’agréement de la DREETS certifie que le contenu de la formation a été vérifié et validé par l’Etat, il reste donc garant de la fiabilité de l’organisme.
C’est le minimum pour s’assurer de la qualité de la formation.
MT : Que pensez-vous du climat social actuel ?
SG : Le climat social est aujourd’hui marqué par une tension diffuse mais durable. Les salariés expriment des attentes fortes sur le pouvoir d’achat, les conditions de travail, la charge mentale et le sens donné à leur activité. Dans ce contexte, les élus du CSE sont davantage sollicités, parfois avec des moyens contraints.
Ce que nous observons à travers nos formations, ce n’est pas forcément une conflictualité permanente, mais une vraie fatigue sociale et une demande d’écoute et de dialogue qui ne trouve pas toujours de réponse. Les élus bien formés font une différence : ils savent comment créer les conditions d’un dialogue constructif plutôt que de subir les tensions.
MT : Comment voyez-vous l’avenir des CSE en France ?
SG: Les CSE resteront des acteurs incontournables du dialogue social, à condition qu’on leur donne réellement les moyens d’exercer leur rôle. Les salariés ont besoin d’interlocuteurs de proximité capables d’alerter, d’expliquer et de créer du lien dans l’entreprise.
De notre côté, nous sommes convaincus que la formation est le levier numéro un pour redonner aux élus la légitimité et la confiance dont ils ont besoin. Un élu formé, c’est un CSE qui fonctionne mieux, et une entreprise qui dialogue mieux. C’est ce que nous construisons, formation après formation, avec FormationsCSE.com.
À travers cet échange, un constat s’impose : le CSE ne peut plus être réduit à la gestion des activités sociales et culturelles. Santé au travail, dialogue social, procédures sensibles, restructurations : les élus sont aujourd’hui au cœur de sujets stratégiques pour les salariés comme pour les entreprises.
La formation apparaît ainsi comme un levier essentiel pour permettre aux représentants du personnel de mieux comprendre leur rôle, d’agir avec méthode et de contribuer à un dialogue social solide et constructif.
